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Entrevistita à Helios Vidal

By jpe 4 mois ago

Gz- Qu’est-ce qui vous fatigue dans le milieu du Tango ?
C’est le tango…quand je l’ai dansé toute la nuit.
Sinon, je suis un peu fâché par les luttes entre les associations, les organisateurs, les profs, les clans et les marchands du temple.
Maintenant je vis en province et je vois que les jalousies sont exacerbées, ça se tire la bourre dans tous les sens et cela traduit une mercantilisation qui ne me paraît pas de bon augure. Ça existe aussi à Paris, mais ça se voit moins

Gz- Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?
Tout petit dans les années cinquante, nous vivions dans le sud de la France et il y avait une communauté de réfugiés Espagnols qui organisaient des bals le dimanche après midi. Mes parents m’amenaient avec eux, ils me posaient sur le rebord de la scène j’avais l’orchestre dans les oreilles et je les regardais danser le tango, la valse, le paso doble. C ‘étaient de merveilleux danseurs. C’est là que mon amour de la musique est né.
Dans les années quatre-vingt quelques incursions au trottoir de Buenos Aires et un spectacle D’Alfredo Arias avec Pablo Veron m’ont complètement fasciné.
Enfin, en deux mille un et deux mille trois je découvre le festival Buenos Aires Tango au Théâtre de Chaillot avec des affiches incroyables Balcarce, Mosalini, Ruben Juarez, Sandra Rumolino, Adriana Varela, Flaco Dany, Puppy Castelo, Pablo Veron, Esteban Moreno, une pluie d’étoiles, une révélation…Le samedi soir, première classe d’initiation puis le bal, là je vois danser Chicho, cheveux longs, boucles d’oreilles, pantalons baggy et basquets, le flash pour moi qui vient plutôt du Rock and Roll, je me dis que tout est possible. Pendant la soirée, mon épouse se fait inviter par Puppy Castello ! Elle lui refuse la danse…Lorena Ermocida qui était assise à côté d’elle lui dit :
– Tu sais à qui tu viens de refuser la danse ?
– Non mais je ne sais pas danser
– Alors, si tu aimes ça, prends des cours et lance toi
– Mais, euh, je suis trop âgée pour commencer maintenant
Lorena s’esclaffe et lui dit : Tu as vu l’âge qu’il a cet homme ? Tu peux commencer à n’importe quel âge, vas y et fait toi plaisir.
Le lendemain nous étions chez Imed Chemam, grand passeur s’il en est, et après le premier cours, la fièvre nous à gagnés et s’en sont suivies six années de cours à raison de quatre ou cinq classes par semaine, avec les cours magistraux de la maestra Eliana Sanchez Arteaga puis, les séminaires partout en Europe, à Buenos Aires avec Gisele Anne et Gustavo Naveira, Pablo Veron, Julio Balmaceda, Javier Rodriguez, sans oublier la jeune garde, Pablo Inza, Pablo Tegli, Martin Ojeda, Claudia Miazzo et Jean Paul Padovani, et mon ami John Zabala.
Voilà, maintenant après seize ans de tango, je continue a prendre avidement des cours pour tenter d’améliorer ma danse.

Gz- Pour vous où se joue l’avenir du Tango ?
N’oublions pas que le tango est devenu un patrimoine mondial. Il n’y a plus dans le monde une ville dans laquelle il n’y ait pas une association ou des clubs de danseurs, partout ou je vais, et je voyage beaucoup, je trouve toujours un endroit pour partager une tanda, c’est magnifique, le contact et la socialisation sont immédiats où que tu sois, les frontières entre les gens n’existent plus.
L’avenir est là, aujourd’hui, et il va perdurer à mon avis.
Une conditon toutefois : que l’on n’oublie pas la musique vivante, le DJ n’est pas un musicien, c’est un musicalisateur et je le suis moi même. Il faut ouvrir les portes de nos Milongas aux musiciens, en les comptant dans le budget, pas gracieusement et, c ‘est à cette condition qu’ils continueront de créer et de faire vivre cette musique que l’on aime tant.
J’espère aussi que cette mondialisation ne va pas se traduire par une « kizombaïsation », excusez le néologisme, du tango. Je reste assez attaché aux roots, j’ai un amour immodéré pour les « tipicas » de l’âge d’or.

Gz- Un bon et un mauvais souvenir de Tango ?

Une jolie surprise alors que j’étais encore débutant. Le jour de mon anniversaire j’attendais des amis dans le local où je travaillais et dans lequel nous avions un studio de danse. La sonnette retentit, je vais ouvrir et derrière la porte vitrée je vois Pablo Veron, c’est comme si j’avais vu Les Beatles, stupéfait je lui ouvre et il me dit : c’est ici que l’on danse le tango ? Ben oui, c’était le cadeau d’anniversaire que m’avait fait Eliana Sanchez.
Un mauvais souvenir, à Bahia Blanca avant que ça ne ferme, après un cours avec Damian Rosenthal et Céline Ruiz, je reste à la milonga, sur un Di Sarli je lance un cabécéo à une milonguera bien connue des milieux parisiens je commence à danser avec peu d’assurance et, au milieu du morceau elle me plante là en plein milieu de la piste. L’humiliation ! obligé de sortir en zigzagant seul parmi les danseurs…
Je ne suis pas retourné en milonga pendant quasiment un an, mais j’ai redoublé les cours. Bon, maintenant c’est plutôt elle qui m’envoie des cabécéos, mais elle ne se souvient même pas de l’événement…

Gz- 3 Tangos / 3 orchestres / 3 danseurs
C’et un vrai crèvecoeur que d’avoir à choisir mais je me lance
– Sur, Troilo-Marino
– Jamas retornaras, Calo-Beron
– Despues, Ruben Juarez

– Troilo
– Pugliese
– Di Sarli
– Calo

– Pablo Veron
– Gisele Anne et Gustavo Naveira
– Chicho…y …mi Viejo
sans oublier les bailarinas
Geraldine Rojas
Moira Castellano
Eliana Sanchez Arteaga…y…mi Vieja

Gz- Quelle est la meilleur manière de terminer une Milonga ?

Choisissez :
a) Les pieds douloureux après avoir tant dansé
b) A la recherche d’une « after » pour continuer.
c) En allant prendre un petit déjeuner.
d) Avec quelqu’un
e)

Autre, (précizez) : Au lit…

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