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Entrevistita à Marie Faggiano

By jpe 3 mois ago

Gz – ¿Que te cansa en el medio del tango?

Clairement le manque de spontanéité. Il est parfois difficile de « briser la glace ». On retrouve souvent un manque de sourires, parfois même un manque d’accueil, un manque de naturel en tous cas. Dans les invitations, le fameux « cabeceo » et les « miradas » laissent parfois les gens les uns à côté des autres sans véritable communication. On se demande s’il s’agit de timidité , de prétention ou si les gens sont tout simplement blasés …

Gz –Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?

J’ai découvert le tango en septembre 1995 au « mercado de la abundancia » à Montevideo. C’est un marché intérieur d’où pendaient au plafond saucisses et morues séchées. Nous n’avions au début pas même de sol adapté mais l’ambiance y était. La situation était épique, on adorait ! Le prof ? Alfredo, mort par la suite d’une crise cardiaque, mais qui nous a donné, la petite étincelle , l’envie d’aller plus loin. Nous étions 4 jeunes français. Assez vite l’autre couple à décroché

. L’association s’appelait « Joventango », elle existe encore aujourd’hui. Puis, nous avons poursuivi plusieurs années avec José Artigas et Veronica Cordero en fréquentant leur milonga « Chiqué » à Montevideo. José et Veronica seront d’ailleurs les premiers profs rioplatense à venir à Caen. Il n’y a pas de hasard… Faut-il rappeler que j’étais enceinte quand j’ai commencé et que malgré mes 2 grossesses successives, je n’ai jamais eu de coupure dans ma vie de tanguera, je ne me suis jamais lassée du tango….

Gz – Pour vous, où se joue l’avenir du Tango ?

Maintenant !

Je dis souvent que le Tango en Europe aujourd’hui, c’est comme si la partie immergée de l’iceberg sortait de l’eau. L’offre est abondante. Faut-il s’en réjouir ? Certains pessimistes voient poindre la fin du Tango qui pourrait « prendre l’eau » et se disloquer par trop de milongas et de festivals en tous genres. Pour moi qui suis une grande optimiste, je pense au contraire que le Tango a encore un bel avenir devant lui. A l’heure où trop de gens subissent des pressions au travail, à l’heure où les médias nous ressassent du négatif, nous sommes dans une société qui broie du noir et les gens ont besoin d’un échappatoire, d’une bulle de protection. Pour contrer les écrans qui sont envahissants dans nos vies, les gens ont besoin de se retrouver, de se parler, de se toucher, de s’étreindre aussi. Quant à la tango thérapie à laquelle je crois dur comme fer, elle vaut bon nombre de psychanalyses et de prescriptions médicales. Pour revenir à l’avenir du tango…comment ne pas avoir envie de se battre pour son indépendance d’artiste, pour sa passion, que l’on soit prof, musicien plutôt que de continuer un travail qui n’a plus de sens ? Beaucoup acceptent de prendre le risque et c’est tout à fait légitime. Il n’y aura pas forcément de place pour tout le monde mais franchement, merci les argentins, merci les uruguayens ! A t-on déjà inventé chose plus belle que le Tango ? Je crois qu’il a encore un très bel avenir devant lui !

Gz – Un bon et un mauvais souvenir du Tango …

Il y a surtout beaucoup de bons voire de merveilleux souvenirs. Il faut que je me creuse la tête pour trouver un mauvais…Je sèche.. ; Il doit pourtant y en avoir…Ah forcément il y a ce souvenir douloureux où on perd un ami tanguero. C’est de loin le souvenir le plus douloureux dans ma vie. C’est arrivé quand je traversais une période de grand stress au travail,quelqu’un qui m’était très cher est parti et j’ai alors compris ce que voulait dire le mot « douleur », « mi dolor » . D’une façon contradictoire, un des plus joli souvenir, c’est quand il me dit juste avant «  on continuera notre hsitoire d’amour à la rentrée » … C’est platonique mais c’est si joli ! Des magnifiques souvenirs il y en a à la pelle, ils sont liés aux perles rares que l’on rencontre dans le tango et qu’on aurait jamais rencontré sans l’étreinte de l’abrazo ou le jeu du tango. Il y en a , oh oui, il y en des perles rares et sans doute pas si rares que ça quand on pratique le « qui donne reçoit » du tango.

Gz – 3 Tangos, 3 Orchestres, 3 danseurs

«Jueves », « Fueron tres anos », « Tanguera »

Biagi, Otros Aires, Solo Tango

Chicho, Esref Tekinalp, Maria Filali

Gz – Meilleure manière de terminer une milonga

soit à la recherche d’un after avec quelqu’un

soit dans une chaumière à refaire le monde, à bavarder des uns et des autres avec 1 bon verre de blanc, un digestif voire une tisane, c’est selon…

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