Entrevistita à Claudia Miazzo

By jpe 3 mois ago

Gz- Qu’est-ce qui vous fatigue dans le milieu du Tango ?
CM- Le milieu du tango représente pour moi un magnifique cocktail d’humanité !
Tout les « spécimens » sont bien représentés dans leurs plus belles ou mauvaises caractéristiques ….
« L’animal tango » peut avoir accès à sa vraie personnalité grâce à la magie de cette danse qui peut développer une réelle connexion avant tout avec soi ….
mais parfois le désir de s’approprier ce langage le rend vorace, prétentieux et indifférent aux autres « animaux tango » qui sont pourtant en marche comme lui…
Disons que tout ça est bien positif parce que cela peut mettre bien en évidence les caractéristiques profondes de chacun ….
C’est alors donc plus facile et assez pratique de choisir ses compagnons de route !!

Gz- Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?
CM- Étant danseuse professionnelle j´ai rencontré Jean Paul Padovani sur scène en créant un spectacle et très vite on a compris que d’abord un lien artistique nous unissait très fortement….
C’est lui qui m’a fait découvrir toute la puissance et la finesse de cette danse et le monde du tango à Paris. Se sont suivis après de longs séjours à Buenos Aires ou j’ai plongé avec bonheur et humilité dans un monde que je ne connaissait pas, qui demandait, malgré toute ma vie de danse, une sorte de remise a zéro pour pouvoir apprendre une nouvelle technique.
Même si la danse a été toujours mon monde, celui la m’a demandé de remettre pas mal de choses en question… mais j’ai toujours adoré les défis …

Gz- Pour vous où se joue l’avenir du Tango ?
CM- Le tango est une danse profondément actuelle, non seulement pour la richesse créative qu’il permet mais aussi pour l’engouement dont il est aujourd’hui l’objet.
C’est même une véritable renaissance qu’il connaît dans le monde et sa rencontre avec le public est réelle tant la barrière des âges est effacée.
Le Tango est devenue une danse intergenerationelle.
Son avenir réside dans notre capacité de donner tout sa valeur à cet échange !

Gz- Un bon et un mauvais souvenir de Tango ?
CM- Je garde que de bons souvenirs …!
Celui auquel je penses à l’instant ce passe le soir de la première de notre spectacle qui a fait naître en 2008 notre compagnie Tango Ostinato.
Pour la première fois nous avons présenté notre recherche et notre vision du tango après des années de travail très intense.
La joie et le retour du public …
La magnifique sensation de me trouver dans une sorte de route infinie mais d’être exactement à la bonne place et en plus de la partager avec la bonne personne !
Enfant on me disait avec la danse tu auras les «mains pleines de vent» ! … tu resteras les mains vides …
Mais en effet les mains pleines de vent c’est pour moi être riche de l’invisible, de l’insaisissable, de l’éphémère, du plus poétique des mouvements …
l’essence même de la danse.
Aujourdh´hui notre compagnie est constitué d’une quinzaine de personnes! Elle est soutenue par le centre national de la danse de Paris et nos créations sont copro duites par des théâtres important et fidèles qui diffusent notre travail.
Nous sommes ravis de voir que aussi les institutions commencent à comprendre la capacité créative du tango et sa possible richesse
artistique sur scène.

Gz- 3 Tangos / 3 orchestres / 3 danseurs
CM-  Miguel Calo, Osvaldo Pugliese, Francisco Canaro
Gustavo Naveira pour sa danse intelligente, Jean Paul Padovani pour sa sensibilité sa finesse et sa créativité et tous les magnifiques petits vieux de la Milonga Baldosa ou Sunderland, à Buenos Aires qui ont remplis toute leurs vie de danse et de partage.

Gz- Quelle est la meilleur manière de terminer une Milonga ? Choisissez :

a) 
Les pieds douloureux après avoir tant dansé
b) A la recherche d’une « after » pour continuer.
c) En allant prendre un petit déjeuner.
d) Avec quelqu’un
e) Autre, (précizez) :

En allant prendre un petit déjeuner !

www.tango-ostinato.com

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