Entrevistita à Claire Deville

By jpe 1 mois ago

Gz- Qu’est-ce qui vous fatigue dans le milieu du Tango ?
CD- La même chose qui fatigue dans la vie. Je crois que le tango a un effet loupe. On joue avec beaucoup d’émotions intimes dans un lieu social et parfois cela peut devenir violent. Mais sinon oui, les gens qui parlent mal en milonga c’est une chose qui me met en colère – c’est supposé être une danse populaire, qui est-on pour juger qui a le droit de s’amuser, ou qui détient le bon goût? Attention, on est toujours le mauvais danseur de quelqu’un… C’est une des choses qui me fatigue dans les marathons en Europe, cette sélection absurde de qui ‘danse bien’… je n’entrerais pas dans mon propre événement! Ou ceux où on doit s’inscrire en couple -et ensuite on critique le côté machiste du tango en Argentine. Et allez dans la liste, les profs qui enseignent après deux ans de danse ou encore mieux sur la piste, les danseurs qui puent, les djs qui ne mettent pas Pugliese, et d’une manière générale le manque d’humilité et de désir d’étudier. – `

Y lo mismo que cansa en la vida. Creo que el Tango tiene un efecto de lupa, jugamos con muchas emociones intimas en un lugar social y eso hay veces nos resulta violento. Pero si, la gente que habla mal en la milonga es algo que me da mucha bronca. Supuestamente es un baile popular, quien somos para juzgar quien tiene derecho a divertirse o quien tiene buen gusto? Ojo que siempre somos el malo bailarín de alguien… Lo mismo me cansa en los maratones en Europa, esta selección absurda de quien ‘baila bien’… a ver… yo no entraría en mi propio evento! O otros donde hay que registrarse en pareja… y después critican el lado machista del tango en Argentina. Y bueno en la lista también, profes que enseñan después de dos años de baile o mejor todavía que te enseñan en la pista, bailarines que huelen mal, djs que no ponen Pugliese, y de manera general falta de humildad y de ganas de estudiar.

Gz- Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?
CD- En 2010 j’étais danseuse pour une création de Thomas Lebrun au Centre National de la Danse à Paris sur le bal populaire, et nous avons eu un cours de tango. Ca m’a plu et j’ai commencé à Bruxelles où j’ai eu la chance d’avoir tout de suite comme professeurs Sergio Molini et Gisela Graef-Marino. Je ne sortais pas beaucoup en milonga car j’étais encore danseuse, le matin j’avais les cours de ballet, les répétitions… et j’avoue que ça a été dur de d’accepter de redevenir une débutante en danse. Ensuite je suis partie à Buenos Aires et je suis tombée amoureuse. Là-bas j’ai pris beaucoup de cours, avec beaucoup de gens différents car ce qui me plait dans le rôle de la femme c’est ne pas avoir de style mais la possibilité de tous les suivre. Carlitos et Rosa à Sunderland, faire du gyrotonic avec Eugenia Parilla, je crois que tout est bien. Il faut travailler et savoir ce qui te plait à toi. Ce qui a le plus marché, avec mon corps et mon idée de la danse, sont restés mes références, Moira Castellano (à qui j’ai dédié mon premier roman sur le tango, Les Poupées Sauvages), Octavio Fernandez, Nito & Elba, le Flaco Dany pour la milonga, la divine Paola Tacchetti, et mon grand amour dans le tango avec qui j’ai eu l’immense chance de danser beaucoup, El Chino Perico. –

En 2010 era bailarina para una creación de Thomas Lebrun en el Centre National de la Danse en Paris sobre el baile popular, y tuvimos una clase de tango. Me gusto y empecé seguido en Bruselas donde tuve la suerte de tener como primer maestros Sergio Molini y Gisela Graef-Marino. No salía mucho a la milonga al principio porque era bailarina todavía y tenia la clase de ballet en la mañana, ensayos… y la verdad que fue muy difícil aceptar de volver a ser principiante. Luego me fui a Buenos Aires y me enamoré. Ahí tomé muchas clases con mucha gente diferente, porque de mujer me gusta no tener estilo sino la posibilidad de seguir a todos. Desde Carlitos y Rosa en Sunderland hasta hacer gyrotonic con Eugenia Parilla creo que todo esta bueno. Hay que trabajar y saber lo que te gusta a vos. Lo que me funciono mejor, con mi cuerpo y mi idea del baile, siguen siendo mis referencias, Moira Castellano (a quien dediqué mi primera novela sobre el Tango ‘Les Poupées Sauvages’), Octavio Fernandez, Nito & Elba, el Flaco Dany para la milonga, la divina Paola Tacchetti, y mi gran amor en el Tango con quien tuve la suerte inmensa de bailar mucho, el Chino Perico.

Gz- Pour vous où se joue l’avenir du Tango ?
CD- Je ne sais pas et je n’ai pas la prétention de savoir. Ce qui me plairait, même si c’est avis très banal, serait de voir plus d’amour pour la culture tanguera et moins de sport. Je crois que toutes les modes vont et viennent et ont à voir avec les changement de la société -le rôle de la femme, la folie des 90’s, le retour à la ‘tradition’ et maintenant le tango bio d’origine certifiée. Mais je vois aussi beaucoup d’amour et de dévouement ici et là-bas, une pédagogie fantastique qui s’est beaucoup développée, une évolution sans manquer aux codes, beaucoup de danse, et tout ça me donne envie de continuer à apprendre. Pour moi le tango c’est en milonga, que ce soit Sin Rumbo ou la Mandrilera. Il y a plein de formes possibles. Après, qui détient la grande vérité du tango… il faut faire attention à toutes les formes d’intégrisme non? –

No se por donde pasa, ni siquiera tengo la pretensión de opinar sobre eso. Lo que me gustaría, aun es una opinión muy común, seria ver mas amor a la cultura tanguera y menos deporte. Creo que las modas van y vienen y tienen que ver con los cambios de la sociedad -el rol de la mujer, la locura de los 90’s, la vuelta a la ‘tradición’ y ahora el tango bio con origen controlada. Pero también veo mucho amor y dedicación acá y allá, una pedagogía fantástica que creció mucho, evolución sin hacer falta a los códigos, mucho baile, y todo eso me da muchas ganas de seguir aprendiendo. Para mi el tango esta en la milonga, que sea Sin Rumbo o la Mandrilera. Hay muchas formas posibles. Después, quien detiene la gran verdad del tango… bueno hay que tener cuidado con todas la formas de integrísimo no?

Gz- Un bon et un mauvais souvenir de Tango ?
CD- J’ai des souvenirs de tandas très fortes, chaque tango avec qui que ce soit, vieux milongueros que j’admire tant, amis jeunes, étoiles ou débutants mais avec ces connexions qui sont un cadeau de la vie. J’ai des souvenirs fous de nuits de sorcellerie à la Viruta où le temps partait et on arrivait dans une autre dimension. De regarder la piste émerveillée à Sunderland ou au Yeite, sans vouloir aller danser moi par timidité. Et d’autres souvenirs horribles de nuits à faire tapisserie, de sortir seule avec des hommes aux comportements douteux, ou de telle musique ou paroles qui me brisaient le coeur… mais tout ça c’est la vie, pas le tango en particulier. Amours impossibles, rires, magie et perdition… Ça se mélange. –

Tengo recuerdos de tandas muy fuertes, cada tango con quien sea, viejos milongueros que admiro tanto, amigos jóvenes, estrellas o principiantes pero con esas conexiones que son un regalo de vida. Tengo recuerdos locos de noches de brujería en la Viruta donde se iba el tiempo y llegábamos a otra dimensión. De mirar la pista maravillada en el Sunderland o en el Yeite sin animarme a salir a bailar por timidez. Y otros recuerdos muy feos de noche planchando, de salir a milonguear sola con hombres que se desubiquan, o tal música o tal letra que me rompían el corazón… pero eso es la vida, no el tango en particular. Amores imposibles, risas, magia y perdición … Se mezcla. 

Gz- 3 Tangos / 3 orchestres / 3 danseurs
CD-
– Tres tangos : Arghh!!! Indio Manso de Di Sarli, A Orlando Goñi de Gobbi, y un D’Agostino con Vargas
– Tres bailarinas : Graciela Gonzalez, Geraldin Rojas, Corina Herrera – Tres musicos : Goyeneche, Ruben Juarez, y Osvaldo Peredo por las noches inolvidables en Almagro
– Tres orchestras : Pugliese, Troilo, Di Sarli

Gz- Quelle est la meilleur manière de terminer une Milonga ? Choisissez :

a) 
Les pieds douloureux après avoir tant dansé
b) A la recherche d’une « after » pour continuer.
c) En allant prendre un petit déjeuner.
d) Avec quelqu’un
e) Autre, (précizez) :

CD- Quoi que ce soit qui te rende heureux à ce moment précis

– Lo que sea que te haga feliz en este preciso momento

Crédits Photo Ishka Michocka

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