Entrevistita à Benjamin Solano

By jpe 1 mois ago

Gz- Qu’est-ce qui vous fatigue dans le milieu du Tango ?

Les DJs qui enchaînent 4 tandas de supers tangos inconnus enregistrés dans les montagnes du Pérou en 74, année exceptionnelle où la meilleure amie de ma grande-tante par alliance s’était achetée la grande maison près de Sauternes… Bref, on s’en fout non ?

Gz- Où et avec qui avez-vous découvert le Tango ?

J’ai découvert le tango à Bordeaux, un weekend de printemps 2009, avec Pim et Do Amado, j’avais 21 ans. Je me remettais à l’époque d’un truc qui m’avait pas mal affaibli corporellement, j’étais un peu perdu dans mes études et c’est une amie, Paloma, qui m’a littéralement traîné hors du lit pour que je l’accompagne. Paloma, danseuse contemporaine, de flamenco, espagnole, bombe d’énergie solaire. Une de ses amies du conservatoire s’était mise au tango et donnait des stages d’initiation sur un weekend et elle a pensé que ce serait parfait pour moi. Dix heures de tango dès le premier contact. Bam. L’ambiance était jeune, relax, l’approche très ludique noyait assez bien le poisson de la difficulté technique. On avait aucune idée de tout le bagage qui allait avec. On était juste une bande de curieux qui essayaient de bouger à deux, très maladroitement pour moi, portés par Pim & Do qui nous disaient qu’il ne fallait pas se faire de soucis, qu’on était déjà les meilleurs. Bon, c’était pas vraiment le cas, mais c’est avec cette confiance et cette insouciance que j’ai pu débarquer ensuite à mes premières milongas. J’ai pas mal galéré tout le weekend jusqu’au moment où j’ai senti que Paloma et moi étions vraiment connectés sur deux, peut-être trois, pas de marche. Boum! Gracias Paloma.

Gz- Pour vous où se joue l’avenir du Tango ?

J’ai d’abord l’impression que l’abrazo, l’exploration et l’évolution technique font partie de l’ADN du tango. Ceci étant dit, je pense au début des années 60, où l’arrivée de la télé en Argentine a joué son rôle dans la perte du goût des argentins pour le tango et la milonga. Aujourd’hui, à l’heure où ce sont jusqu’aux dynamiques sociales qui se jouent sur nos écrans, le tango en tant que grand bol d’air social, corporel et sensoriel, ne peut qu’avoir de beaux jours devant lui tel qu’il est. Retour à l’envoyeur, il était plutôt pas mal en fait.

Gz- Un bon et un mauvais souvenir de Tango ?

Un mauvais transformé en bon. Quinze heures de trajet interminable avec nuit passée sur le sol de l’aéroport d’un aéroport miteux pour payer le moins cher possible, la tête cognée à plusieurs reprises par le ballon des flamands qui jouaient au foot à 4h du matin, surplus bagage à débourser, bruit, queues de l’enfer, l’envie de rentrer puis… L’arrivée à Oslo un beau matin de vacances de printemps, un calme incroyable, un soleil, une lumière comme j’en avais jamais vue, une porte poussée sur Di Sarli, des amis…

Gz- 3 Tangos / 3 orchestres / 3 danseurs

En dehors de la milonga :
Carlos Gardel – Alma en Pena
Adriana Varela – Maquillaje
La Tipica Fernandez Fierro – La Evasion

En milonga :
D’Arienzo – Pugliese – Di Sarli

Par parité, j’en mettrais que deux : German Ballejo & Magdalena Gutierez, qui en improvisant El Cuarteador de Troilo/Fiorentino l’an dernier ont ravivé ma flamme pour le tango à un moment où elle se faisait faible.

Gz- Quelle est la meilleur manière de terminer une Milonga ?
Choisissez :

a) Les pieds douloureux après avoir tant dansé
b) A la recherche d’une « after » pour continuer.
c) En allant prendre un petit déjeuner.
d) Avec quelqu’un
E) Autre, (précisez)

Définitivement D.

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